Le grognon du lac
Petit texte étéesque, léger, écrit sur le quai. Soit qu'on est grognon, soit qu'on se crée d'autres souvenirs d'un bel été qui va passer.
L'été, on aime ça quand il fait beau et chaud. On ne pense qu'à sortir du bureau. Se retrouver près d'un plan d'eau. La bonne bière qu'on va boire, la tite drink qu'on va se faire. Pourquoi pas avec d'la verdure, du sur, pis du fort aux mûres.
Mais avec la chaleur viennent les maringouins de lac.
Ziiiing... ziiing... ziiing.
Quand on ne les entend pas, on oublie qu'ils existent.
Ziiiing... ziiing... ziiing.
Regarde-moi. J'existe. Pas si tu ne me vois pas.
Des maringouins, ça déplace de l'air. Ça fait tomber les paddlistes, les fers en l'air. Ça tourne en rond, sans direction. Ça essaie de sauter, mais les ailes manquent d'air. Essoufflé, oui. Mais faut ressayer. Ils carburent au gaz, sans bon sang.
Ça fait des huit, avec d'la zizique. Quand t'as du cœur, pas besoin de beat.
Ben oui, je suis devenu grognon.
On me dit que c'est de mon âge. Que j'étais pareil à dix-neuf ans, un Acadien dans sa Chevette... en vérité, une Acadian brun diarrhée.
Vroum, vroum. Pout, pout.
On me dit de les ignorer. C'est ce que je veux faire. Mais j'entends dans ma tête les échos de mon cours de civisme de la petite école. Jeannot Prudent. Astar le robot. Jouez prudemment.
Le grognon regarde. Parce qu'un grognon sans cause, ce n'est pas un grognon.


Belle photo 🥰